22/03/2006
Chacun pour Nous

Walker's Cay, Bahamas, Mars 2002. Requins gris des caraïbes, requins à pointes noires et requins nourrices. La coïncidence était congelée et avait des écailles.
Quand les requins se déplacent en bandes, ils ne prennent jamais le bus ensemble. Quand ils sont tous là, c’est parfois juste parce que chacun d’eux allait au même endroit. Drôle de coïncidence. Et s’ils sont là, d’autres feraient mieux de ne pas y être. Chacun pour soi et tous pour un.
Un groupe de requins est une communauté d’individus agrégés. Quand on en voit pleins, c’est quelque fois un embouteillage. 800 requins marteaux, sur une autoroute magnétique à n’en plus finir, passent comme un coup de vent sur une nappe de plastique. Ils sont ensemble pour un instant et s’éloignent en se dépixellisant. L’un après l’autre.
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21/03/2006
La mémoire du présent
Quel souvenir peut-on avoir de ce qui est en train de se passer? Quand le ceci pénètre le cela, les contours entre ce qui est et ce qui a été deviennent un peu flous, certes, mais ça dépend, ça dépend de ce que l’on perçoit. Les requins ont deux sens dont nous sommes dépourvus : leurs lignes latérales, comme celles des poissons qu’ils ne sont pas, leur permettent de voir derrière leur dos et le nôtre, tandis que leurs ampoules de Lorenzini éclairent des dimensions électriques qui nous échappent. Leur mode de fonctionnement nous est étranger. Ils ont la tête remplie de ce qui ne fait que passer et qui leur prend les trois quarts de l’Espace. Ils ont l’art de saisir le fugitif et de ne pas s’y attarder. Leur intelligence est autre.
Ils ont sans cesse des idées derrière la tête.
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