04.01.2010

Les requins blancs s'attaquent eux-mêmes

Un requin blanc se cachait dans le noir. Il nageait à quelques centimètres du fond, tôt, très tôt le matin, avant que les rayons du soleil ne le dénoncent. Quand le soleil est au zénith, les profondeurs perdent de leur intimité.  Il faut savoir en effet que le requin blanc se cache dans la noirceur du fond comme les léopards se cachent dans les buissons. Comme le léopard, il chasse à l'affût.

A la surface, il aperçut la silhouette d’un autre requin blanc qui lui ressemblait étrangement et qui se tapissait en haut, de l’autre côté, sur l’autre fond. Un requin qui lui était en tous points semblable, à ceci près que ce n’était pas lui. Un requin symétrique.

Il remarqua alors les jambes d’une baigneuse qui perçaient la surface, bercées par les rayons obliques du soleil du matin.  Il tourna alors rapidement sur lui même, pris son élan et s’élança. La profondeur était de 18 m. Il allait l’annuler plus vite que ça.

Plus il s’approchait de la surface, plus les réflexions prenaient de la place dans son cerveau en Y de requin blanc. Plus il remontait, plus c’est son image qu’il apercevait se reflétant dans la surface. C’était bien lui qu’il voyait. Du reflet de sa bouche sortait les deux jambes de la baigneuse, comme de longues dents désarticulées.

Ne pouvant stopper, ni même ralentir son ascension, emporté par son élan, il se saisit de cette paire de jambes, convaincu d’avoir perdu son temps, convaincu au final de s’être fait mal à lui même. Inutilement.

04.12.2009

Jaws : Metaphor of a Serial Killer

How could one speak of men and sharks without mentioning the story that has been bonding them for the last 30 years : Jaws, a perfect example of anthropomorphism.

In a society that has expelled all the threats at its boarders, which has made violence become abstract, a ferocious beast comes up from the abyss to stalk peacefull holidaygoers.

Fear, at last, has a face that one can visualize. Ironically, Man feels threatened by an animal on the brink of extinction.

True, a white symbol death, cold and mechanic, can at any anytime interrupt innocents swimmers lives. It can stalk anywhere (in shore or offshore), at any time (day or night). It can attack anyone (men, women, children and even domestic animals). Doesn’t it remind you of someone else ? The beach is a metaphor of urban no man’s lands. A beach is a Society in transit which lays its differences like a towel. The perimeter of the towel resembles the fences of those small suburban houses. The family close by resembles those neighbours that we see all year long, but that we hardly know. Our neighbours are anonymous and won’t be of any help if a danger threatens us. We are alone in the middle of a crowd, like preys on a train platform. Everybody knows this, populations in transit are the prime target of blind and anonymous killers. A cheetah will only kill one impala at a time, but the whole herd is its prey. As a result the whole herd feels a little nervous.

The threat is permanent, omnipresent because it cannot be confined. Being nowhere it is everywhere. The risk is small, but this small probability is compensated by the very nature of this risk : being sliced and eaten alive. The price to pay seems even higher because the risk is small. One can notice that the this description fits perfectly the portrait of the ideal killer. It is a white male. He is solitary and its jaws are covered with seven rows of pointy teeth. He is called the great white, which he is, but only seen from below. He haunts the blue of our psyche and lives in the depths of our unconsciousness. His back, on the contrary to its belly, is black like the abyss. Its teeth are the hidden memory of ancient days when our skin was permanently at risk of being cut open. They are the proof of a frailty which is essential to us, of a fear which will always be there, at hand, like a kitchen knife. Maybe the great white is somehow reassuring, like those serial killers whose number remains stable despite our growing interest for them. As long as we will be scared of him, we won’t beware of our own selves and he will remain the only victim of an adult fairy tale in which he should play no part. The supposedly killing machine is in fact the victim. 

12.10.2009

Tourner en rond

Ces derniers temps la sharkuterie s’est un peu dispersée sur tous les supports : blogs, mails, sms, en des contrées non requinesques. Mais le squale finit toujours par revenir tourner en rond où qu’il se trouve. En rond, où le même endroit est le même envers. Le squale revient toujours à la sharkuterie. Et ces prochains temps, il sent qu’il va y passer beaucoup de temps, beaucoup de temps à y tourner en rond voire, comme l’hiver approche à grands coups de palmes, y hiberner.

A bientôt, pour des articles très froids venus d’en bas.

12.08.2009

Les morsures du requin tigre

Le requin tigre est de ces requins qui pour mieux appréhender un objet ou un élément nouveau finissent par le mordre, pour le goûter et ainsi mieux le connaître. Les anglais utilisent l'expression "to mouth". Souvent le requin tigre s'éloigne après cette morsure initiale. Nombre de cas répertoriés comme des attaques sont ainsi des morsures exploratoires, sans arrière-pensées.

Comme tous les requins et bien qu’on n’ait jamais à ma connaissance assisté à un accouplement, le requin tigre s’accroche probablement à sa partenaire en saisissant entre ses mâchoires son aileron dorsal pour s'agripper à elle. L'amour lui fait souvent perdre des dents.

Parfois, le requin tigre rêve d’une existence ou il ne serait pas nécessaire de mordre pour faire connaissance.

30.07.2009

sharks and symbolism

“There isn't any symbolism. The sea is the sea. The old man is an old man. The boy is a boy and the fish is a fish. The shark are all sharks no better and no worse. All the symbolism that people say is shit. What goes beyond is what you see beyond when you know.”

 

Ernest Hemingway

27.07.2009

Plus vite qu'un requin

"Il n'est pas nécessaire de savoir nager plus vite qu'un requin, il suffit de savoir nager plus vite que la personne qui se baigne avec vous."

 

Kevin Nilon

07.07.2009

Les absences du requin pèlerin

Le requin pèlerin doit son qualificatif aux premières observations répertoriées qui se basaient sur les apparitions saisonnières de cet animal de passage ; passage qui finit par s’installer pour devenir son essence, avec une certaine connotation religieuse qui ne vous aura pas échappé. Le requin pèlerin est en effet un requin en pèlerinage. On supposait alors, bien entendu, que l’objet de ce pèlerinage était nos côtes qu’il visitait en été. Personne ne connaissait alors les Maldives, qu’il ne visite d’ailleurs jamais..

Ce qu’il faisait le reste de l’année, notamment pendant les longs mois d’hiver, fut longtemps sujet à conjectures. Nombreux furent ceux qui tentèrent ou furent tentés par la thèse de l’hibernation. Il faut dire que la saison s’y prêtait.

Rien ne confirmait, ni n’infirmait leurs dires, si ce n’étaient les disparitions fantomatiques de l’animal. Ses absences à répétition. Il devait partir vers le bas, mais qu’y faisait-il au juste et où. ? On l’imaginait un peu plus loin et beaucoup plus profond. Plus tard on imagina qu’il suivait le plancton en des régions marines isolées.

Aujourd’hui, le doute a de moins en moins de place. Tous les ballons sont crevés et presque tous les mystères sont percés. Les bateaux disparus aux Bermudes sont sortis d’une brume liquide grâce aux sonars et autres voyeurs aveugles des fonds. Il était donc normal que tôt ou tard l’hibernation des requins pèlerins refasse surface.

C’est chose faite depuis peu. On a enfin réussi à marquer le requin pèlerin avec de petits enregistreurs de données qui tiennent suffisamment de temps accrochés à l’animal pour suivre ses moindres mouvements. C’est tout récent. Ca date d’il y a à peine un an.

Et qu’a t-on découvert au juste de bien intéressant? Que le requin pèlerin se livre à un long pèlerinage circulaire, qu’il tourne en rond comme sied à son espèce. Il tourne inversement au sens des aiguilles d’une montre, emporté dans le tambour de la machine à laver du Gulf Stream.

Où passe t-il l’hiver nordique ? Au sud du Nord, normal. Aux Bahamas qu’il aperçoit au loin,en transit 800m plus bas. Il prend l’avion, l’avion pèlerin, celui qui atterrit au fond.

Que fait-il alors ? Les enregistreurs ne le disent pas. C’est la limite du truc. Si ça se trouve, il entre en hibernation, comme le pensaient les anciens. La saison s’y prête drôlement.

03.06.2009

Accident waiting to happen

C’est la formule qu’utilisent les anglo-saxons pour qualifier un certain type d’activité dont la fin tragique n’est que trop prévisible. Il y a quelques temps, mois, années peut être, dans un article intitulé « la réputation du longimanus est-elle justifiée ?», j’avais décrit les comportements stupides et dangereux auxquels se vouaient certains plongeurs en croisière en mer rouge avec la bénédiction de certains opérateurs . Ce qui devait arrivé est arrivé : une femme a été tuée ces derniers jours par un requin au sud de la mer rouge lors d’une de ces croisières.

 

Quand pour la première fois, je vis en 2003 des longimanus aux Brothers, un des guides de plongée me montra des clichés pris à Elphinstone de ces mêmes requins chargeant les plongeurs. Le guide admit que pour obtenir ces clichés il avait du appâter les requins  au moyen de carcasses de poulets. Deux ans plus tard, à Elphinstone, je vis des touristes jeter de la nourriture aux longimanus depuis un bateau. Quand je leur criai d’arrêter, ils réagirent comme face à un mauvais coucheur.

 

J’ai vu ce requin plusieurs fois en mer rouge. Elphinstone, les Brothers, Daedalus et Habili Ali. Je suppose que c’est sur l’un de ses sites que l’attaque a eu lieu. Le communiqué parle d’un récif au sud de Marsa Alam, donc a priori pas Elphinstone, mais allez savoir avec les communiqués. Pas sûr non plus qu’il s’agisse d’un longimanus, le communiqué ne le précise pas. Il pourrait tout aussi bien s’agir d’un requin soyeux, mais bon, je mettrais quasiment ma main à couper, façon de parler, que c’était bien lui. L’aileron blanc du large.

 

Penser que l’on puisse nourrir un longimanus à la main en snorkeling comme cela semble avoir été le cas semble totalement délirant pour celui qui connaît un peu les requins. Cousteau désignait ce requin comme le plus dangereux à son sens. C’était très exagéré, mais de là à le confondre avec un caniche, il y a un grand pas que je ne sauterais pas. Il n’attaque certes pas beaucoup plus souvent que le caniche, mais la morsure est un peu plus dangereuse, surtout quand on se trouve en pleine mer dans un pays qui ne dispose pas d’hélicoptères de secours.

 

Ce qui me désole le plus dans cette histoire, c’est le comportement des opérateurs. Que les touristes ne mesurent pas les dangers que peut présenter cette espèce une fois excitée est une chose, mais que ceux qui le savent ne les préviennent pas en est une autre. D’autant plus que d’autres incidents s’étaient déjà produits, soigneusement cachés au grand public.

 

Le requin océanique est un requin du large, à l’affût de la moindre opportunité. Il défie souvent les plongeurs avant de s’éloigner. Il les teste, sait-on jamais. Je l’ai vu attaquer les parachutes oranges montant vers la surface de plongeurs au palier. C’est le plus beau requin qu’il m’ait été donné de voir. Mettez de la nourriture dans l’eau (n’importe comment de surcroît), vous en ferez malgré lui un tueur potentiel.

20.05.2009

Le requin transactionnel

Il existe un requin très agressif et méconnu, le requin transactionnel.

Il pense ne pas aimer mordre, mais ne peut pourtant s’en empêcher. Son aileron dorsal penche à droite. Certains disent qu’il est en berne, d’autres ne le remarquent pas.

 

Requin du large, une irrésistible envie le pousse pourtant vers le bord. Attiré par les jambes de belles nageuses, il ne peut s’empêcher de s’en approcher.

 

Pourtant à chaque fois qu’il mord, il se sent irrémédiablement pris de remords et se met à perdre du sang, comme s’il se le reprochait.

 

De chacun de ses ailerons s’échappe un large filet rouge que d’aucuns qualifieraient de saignement à flots.

 

C’est alors que le requin transactionnel finit par mériter son nom. Il prend soudain conscience que c’est finalement lui-même qu’il a mordu, que c’est lui même qui saigne et que c’est lui même qui tôt ou tard devra se sauver vers le large.

 

On devrait interdire les jeux aux requins qui ne pensent qu'à eux-mêmes.

 

06.05.2009

Tous les requins Tigres ne se valent pas

 

La première fois que j’eus la chance de voir un requin tigre, c’était un jeune de 2m, à peine  Il me rendit visite au palier, remontant la colonne d’eau attisé par la curiosité qui est le propre de cet âge. Je le pris tout d’abord pour un requin du zambèze, puis apercevant les rayures marquées qui caractérisent les jeunes spécimens (contrairement aux rides, les rayures du tigre s’estompent avec l’âge), je ne pus m’empêcher de nager dans sa direction, ce qui eut pour effet immédiat de le faire fuir à tire de nageoire. Un petit requin tigre, mais un requin tigre quand même. Et un tigre en Afrique, ça reste étonnant.

 

 

Plus tard, j’eus l’occasion de voir d’un coup bien d’autres requins tigres, beaucoup plus gros et de beaucoup plus près (n’y voyez pas de relation de cause à effet), mais ce ne fut pas pareil.  Ils étaient appâtés, accessibles au premier ukrainien venu, qui les prenaient à s’y méprendre pour des tchétchénes soumis. On n’aurait plus l’idée (même si on l’a eu au début du siècle) d’attirer des lions dans une réserve en leur offrant de la viande, alors pourquoi la même idée ne nous dérange t-elle pas en immersion?

 

Ce shark feeding était très bien préparé, sous la superivsion des équipes de Mark Addison. Il vaut mieux avec un tigre. Ce n’est pas toujours le cas. Un accident mortel est survenu aux Bahamas cette année et un autre est en préparation, puisqu’un abruti nommé Eli Martinez s’amuse à nourrir ces requins à la main. Nul doute que leur mauvaise réputation en sortira tôt ou tard renforcée pour de très mauvaises raisons.

 

C’est pourquoi je pense qu’il faut s’abstenir de participer à ce genre d’opération, d’autant plus que voir un requin tigre dans ces conditions revêt un petit côté zoo assez déplaisant.

 

A l’inverse, rien ne remplace le plaisir que procure l’arrivée surprise et naturelle d’un spécimen de quatre mètres, comme j’ai eu l’occasion d’en voir un récemment sur Pinnacles à Ponta d’Ouro au Mozambique.

 

En plongée, c’est l’attente qui est magnifique. Et quand celle-ci se dissipe dans la lassitude ou la torpeur, une bonne surprise rayée vient parfois la couronner.

 

 

 

18.03.2009

Pseudo attaque, vrai massacre

Vous avez peut-être entendu parler ces derniers jours de ce pêcheur sous-marin qui pour sauver « héroïquement » un de ses compagnons a dû batailler pendant plusieurs heures avec un requin tigre qu'il transperça de plusieurs flèches, avant de tenter de le noyer puis de le finir à coups de couteau. Charmant, non?

Qu'un requin tigre soit attiré par des pêcheurs sous marins, n'a rien de bien surprenant. Vous verrez dans la video ci-dessous que celui-ci n'avait pas l'air si menaçant, puisqu'il suffisait de crier dans son embout pour le faire détaler.

Vu le niveau de menace, un retour à la surface sans trop d’encombre n’aurait pas été trop difficile. A moins de vouloir faire quelques clichés sensationnalistes qui avec un soupçon d’ignorance peuvent aisément faire passer un bourreau pour un héros.





14.03.2009

This is the end

Une bien triste nouvelle m’est parvenue ces derniers jours. Alors que j’écrivais à Trevor Krull pour l’informer de mon intention de plonger avec lui sur Protea Banks au mois d’Avril, ce dernier me fit savoir qu’il avait cessé son activité sur ce récif qu’il avait été le premier à explorer en dessous de la surface, en tant que pêcheur sous-marin en 1993. Il fut également le premier à le faire découvrir à d’autres plongeurs à partir de 1994 à la tête d’African Dive Adventures qu’il revendit ensuite à un abruti dont j’ai oublié le nom, avant de revenir en 2002 pour travailler dans l’opposition.

Protea Banks était pour moi la Mecque de la plongée avec les requins. Le nombre et la variété d’espèces que l’on pouvait y observer étaient impressionnants. On y rencontrait régulièrement, au gré des saisons, requins marteaux halicornes, requins du zambèze (requins bouledogue), requins taureaux, requins tigre, requins à pointe noires, requins cuivre, requins sombres et beaucoup plus rarement requins blancs. Occasionnellement, on y vit aussi requin pélérin , requin baleine, requin mako et requin renard.

Mais ce qui faisait le caractère unique de Protea, c’était avant tout le requin du Zambèze. Protea était probablement le seul récif d’Afrique du Sud sur lequel on pouvait observer de la façon la plus certaine cet animal emblématique des côtes de l’Afrique Australe. Certes on peut toujours l’observer ailleurs, mais jamais plus on ne verra les congrégations qui peuplaient alors Protea Banks.

Protea était la ruche longtemps inconnue d’où venaient tous ces requins qui provoquèrent la panique sur les plages d’Amamzintoti dans les années 50, puis dans les années 70. Ce sont eux qui provoquèrent ce besoin chez les nageurs de se cacher derrière des filets meurtriers, alors même qu’il leur aurait suffit d’aller nager ailleurs.

Alors qu’il arrivait encore en 1999 d’apercevoir une quarantaine de requins du zambèze par plongée, on n’en voit plus aujourd’hui dans les bons jours qu’un ou deux. Les longliners et les filets se sont occupés du gros du ménage, les pêcheurs au gros, ont enlevé la poussière qu’il restait dans les coins.

Si je vous parle aujourd’hui de ce récif au passé, c’est que pour moi il n’existe plus. Le Protea que je viens de vous décrire, n’est hélas plus qu’un souvenir. Protea n'est pas Protea sans Trevor et ces requins, qui portent le nom de son chien.

C’est pourquoi je vais aller les voir à Ponta, au Mozambique, en espérant qu'ils soient encore un peu là, mais pour combien de temps.

08.08.2008

Un requin ange est passé

7d094507579a2198fd7326cb1222dcaf.jpg


J'ai plongé au bon endroit, mais pas à la bonne tempérarature, d'après les mecs du coin. Je pensais qu'il ne se passerait rien, mais il n'en fût pas ainsi, car il n'en est jamais ainsi, aux Canaries.

Comment vous dire exactement où cela s'est passé, ce site a autant de noms que de plongeurs qui le parcourent. San Miguel? Peut être.

C'était en face du phare, à gauche. A 27m de profondeur. Une trace dans le sable, encore chaude.

2 jours plus tard, mes collègues aperçurent sans moi, au même endroit, un requin ange qui se barrait en laissant derrière lui un sarcophage de regrets.

Je ne peux pas les croire.

07.08.2008

Une petite dépêche

Je ne sais pas si'il arrive à certains d'entres vous de regarder "Shark Week", chaque année sur Discovery (vous pouvez charger certains films sur itunes store), mais le dernier cru est particulièrement décevant : enfoncement de porte ouvertes par des américains musclés et hystériques, expérimentalo-sensationalisme béat, rotation indéfinie du sens, sont les ingrédients qui ne vous emmènent nul part. On n'apprend rien. Comme si les requins s'étaient refermés à double tour.

Mon article sur le fait de tourner en rond n'était donc pas déplacé. Quoi de neuf? Il se passe des choses certes, mais pas de quoi faire un article et encore moins un documentaire. Que vous dire?

Que les requins baleines crâment leur fuel en profondeur, que les tigres ne sont pas fiables même apprivoisés, que le sardine run se manifeste toujours mais plus bas? Pas de quoi se lever la nuit.

Pour le reste il faudra innover. Trouver d'autres manières de filmer. Inventer pour observer du nouveau,
sous l'eau.

Si ça continue, je vais encore me répéter en anglais.

29.07.2008

In which circumstances did sharks attack the sailors of the USS Indianapolis ?

‘When night came, things would bump against you in the dark or brush against your leg and you would wonder what it was. But honestly, in the entire 110 hours I was in the water I did not see a man attacked by a shark. However, the destroyers that picked up the bodies afterwards found a large number of those bodies. In the report, I read 56 bodies were mutilated, Maybe the sharks were satisfied with the dead. They didn't have to bite the living. »

Lewis L. Haynes, survivor

There is a mythical story (amonsgt others) when it comes to shark, it is the story of the wreck of the US cruiser Indianapolis. Mythical is the word since it has been the subejct of many narratives, the most famous one being probably the one made by Quint, the old shark hunter of Jaws, a modern version of Achab. According to him, sharks would have harassed relentlessly the sailors of the Indianapolis for several days, killing one, biting the leg off another one in a sort of infamous frenesy that only the late arrival of the rescue team managed to stop. According to Quint all the deaths following the wreck can be blamed on sharks.

This story becomes even more mythical when one knows that the USS Indianapolis was on the way back from delivering the devatasting bomb which was to be dropped several days later on Hiroshima. Nature was seemingly taking its revenge by making a handfull of men pay for the destructive act of « hybris » made by a country.

The accounts given by the survivors, though sometimes conflicting, seem to tell us a story altogether quite different from the one told by Quint.

First and on the contrary to what one might think, the first shark attack only took place long after the boat had sunk. At least 14 hours, probably more.

The wreck took place round midnight on the Sunday and the first attack according to one witness may have taken place late during the following day. According to other survivors, the first attacks only took place the night following the wreck. Others even say that serious attacks only began on the Tuesday. One should note that most of the time it was not possible for witness to clearly distinguish if the sharks were attacking someone alive or dead.
Sharks, by far, were not the only cause of worry among the survivors. The sun, the lack of water and hypothermia were also taking their toll, despite the temperature of the water. Most probably some of what was perceived as attacks was in fact sharks attacking dead bodies flotaing on the surface.

Another reason which may explain the apparent contradiction between between the narratives of the survivors, is the fact that those survivors were spread in groups isolated from one another. 900 men who stay in the water for sevceral days don’t stay perfectly grouped . What certain groups went through may not be similar to others.

The survivors had the good idea to try and stay together as much as they could, forming groups. This must have intimidated sharks at first. When the first attacks occured they involved men swimming at the periphery of the groups.

But since a good idea is often followed by a bad one (for the world to remain symetrical), the seamen couldn’t avoid splashing the wtaer in presence of sharks, thus following the instructions given by the US navy. Mistake. This probably attracted more sharks.

With those unwelcomed splashing came the vomit of the sailors. A cruiser of such a size which sinks with its tanks fulll releases a huge quantity of oil. The poor men who were struggling in this treacle and were breathing it paid the price for it. Expelled food, for fish is opportunity food. Small fish attract bigger ones and sharks soon follow.

Apparently, the attacks during the first three days were not regular. According to the time of day and more so night, they would amplify. They would amplify at the fall of the night and would slow down and even stop during the day. At least untill the third day. This behaviour seems to match the one of the two species which were clearly identified : the tiger shark and the oceanic whitetip. Regarding this matter, it is most probable that at least one other specie was also present, be it silkies or silvertips which are often found in the company of oceanic whitetips.

The idea of this article is not minimize the nightmare that the crew of the indianapolis went through, but to show it under another light- maybe worse- than the one we are used to. Three conclusions come to mind when reading the accounts of the survivors.




The first one is that sharks didn’t rush agressively and with no reason to attack the men in the water. They were stimulated by scents, by a a probably large presence of other fish, by vibrations and by floating bodies. Nonetheless, it took fourteen hours for the first attacks to take place. And even then, attacks were erratic. Sharks (even when they are represented by to of the supposedly most dangeroius species) are cautious predators far less dangerous than their land cousins.

The second conclusion is that maybe the importance of sharks is overestimated in the suffering of the men from the Indianapolis. Realistic accounts lead to thinking that out of the 600 men that died after the boat had sunk, sharks have been involved in the deaths of between 50 and 80. Many accounts of survivors confirm this by just vaguely mentioning the presence of sharks. Hallucinations which made some of them think they had seen the ship beneath them or a an island in the distance, painfull sunburns, thirst, cold, death by drowning when people made the mistake of falling asleep, were all sufferings at least as painfull and unbearable than sharks.

But the most horrible fear those sailors had to fight against, which is underlined by some survivors, was the fear of being abandoned. The fear of dying lost at sea. The fear that nobody will come and look for you. Some even point out that real courage is to choose to live, or at least try to, in those circumstances. Sharks were just one part, amongst many others, which composed this nightmare.

The third conclusion, which leads in the same way than the previous one, is that sharks were maybe the scapegoats (amongst others) which allowed to mask the fact that the US Navy had forgotten its men for four days.

Sometimes, I even wonder if they were not seamen of the Indianapolis who, despite surviving the wreckage and the sharks, were not rescued. who saw the planes and the boat coming and leaving, and whom sharks didn’t even bother attack. They may have died from cold and despair in a warm sea.

Those men may have experienced the worst.