06.05.2009
Tous les requins Tigres ne se valent pas
La première fois que j’eus la chance de voir un requin tigre, c’était un jeune de 2m, à peine Il me rendit visite au palier, remontant la colonne d’eau attisé par la curiosité qui est le propre de cet âge. Je le pris tout d’abord pour un requin du zambèze, puis apercevant les rayures marquées qui caractérisent les jeunes spécimens (contrairement aux rides, les rayures du tigre s’estompent avec l’âge), je ne pus m’empêcher de nager dans sa direction, ce qui eut pour effet immédiat de le faire fuir à tire de nageoire. Un petit requin tigre, mais un requin tigre quand même. Et un tigre en Afrique, ça reste étonnant.
Plus tard, j’eus l’occasion de voir d’un coup bien d’autres requins tigres, beaucoup plus gros et de beaucoup plus près (n’y voyez pas de relation de cause à effet), mais ce ne fut pas pareil. Ils étaient appâtés, accessibles au premier ukrainien venu, qui les prenaient à s’y méprendre pour des tchétchénes soumis. On n’aurait plus l’idée (même si on l’a eu au début du siècle) d’attirer des lions dans une réserve en leur offrant de la viande, alors pourquoi la même idée ne nous dérange t-elle pas en immersion?
Ce shark feeding était très bien préparé, sous la superivsion des équipes de Mark Addison. Il vaut mieux avec un tigre. Ce n’est pas toujours le cas. Un accident mortel est survenu aux Bahamas cette année et un autre est en préparation, puisqu’un abruti nommé Eli Martinez s’amuse à nourrir ces requins à la main. Nul doute que leur mauvaise réputation en sortira tôt ou tard renforcée pour de très mauvaises raisons.
C’est pourquoi je pense qu’il faut s’abstenir de participer à ce genre d’opération, d’autant plus que voir un requin tigre dans ces conditions revêt un petit côté zoo assez déplaisant.
A l’inverse, rien ne remplace le plaisir que procure l’arrivée surprise et naturelle d’un spécimen de quatre mètres, comme j’ai eu l’occasion d’en voir un récemment sur Pinnacles à Ponta d’Ouro au Mozambique.
En plongée, c’est l’attente qui est magnifique. Et quand celle-ci se dissipe dans la lassitude ou la torpeur, une bonne surprise rayée vient parfois la couronner.
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12.05.2007
Requin taureau sur Protea Banks
Le requin taureau a une tête à s'être fait péter la gueule. C'est d'ailleurs ce qu'il lui est arrivé. On ne devrait jamais avoir l'air caricaturalement salaud.
00:00 Publié dans Meilleures plongées avec des requins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : animaux, requin, taureau, Protea Banks, sharkuterie
07.05.2007
Des requins renard à Small Brother
Plongée N°6 : Octobre 2006, Small Brother (Egypte)
A la plongée précédente déjà, un renard nous avait surpris au palier, fait rarissime. Le renard ne s'approche d'ordinaire pas de la surface sans raison. Il reste généralement assez profond dans la colonne d'eau.
A la plongée suivante, alors que nous commencions notre ascension en dérive sur le flanc Est, avant de rejoindre le platier, alors que nous nous trouvions à 20 m, nous aperçûmes un requin renard qui traînait au dessus du récif à 30m. Il semblait être en train de se faire nettoyer par ses habitants. Il passa devant nous, fit plusieurs aller et retour et resta en tout et pour tout près de 7mn en notre compagnie. D'ordinaire timide et furtif, le renard nous gratifia ce jour-là d'un vrai défilé de mode. Ma femme en fut quitte pour 12 mn de palier.
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12.04.2006
Une question de chance

Le requin marteau halicorne au moment où il passe devant ma femme, juste avant d'atteindre le récif.
N°5 : Abu Kafan, au large de Safaga (Egypte), le 9 Octobre 2003
Nous avons quitté notre mouillage des Brothers le soir précédent, à contre-cœur, suite à un vote démocratique organisé par notre guide qui a passé la semaine à m’expliquer qu’en dessous de 30m, il n’y a rien à voir. Ca dépend de ce qu’on cherche. Beaucoup de requins pensent l’inverse.
Comme le soulignait Tocqueville, la démocratie, c’est le gouvernement de la moyenne. La chose s’est vérifiée une fois de plus. Il a été décidé de laisser tomber une dernière plongée sur le fantastique site de Big Brother pour se rapprocher de Safaga, notre port d’attache, et plonger sur Abu Kafan, pourtant accessible de la côte par les bateaux journaliers. Notre guide a bien vendu sa soupe aux plongeurs crédules qui nous accompagnent et la semaine sur les Brothers s’est en fait transformée en un court séjour de trois jours.
Abu Kafan, le profond, est connu pour ses tombants vertigineux qui descendent à pic à plus de 200 m de fond. Le récif est souvent balayé par un fort courant, ce qui est bon signe : « Big current, big fish ! » comme disent les sud africains.
Deux plongeurs lyonnais (habitants de Lyon), persuadés que nous sommes chanceux, décident de se joindre à notre palanquée habituelle, composée de trois suisses, de ma femme et de moi. Il faut dire qu’au cours des jours précédents ils n’ont pas vu grand chose, pendant que dans le même temps nous croisions un requin renard, plusieurs requins marteaux halicornes et une pelletée de requins gris. Il faut dire que pendant qu’ils longeaient le récif le nez collé aux coraux sans doute à guetter les nudibranches (je n’ai rien contre les nudibranches, mais il faut savoir ce qu’on cherche), nous errions dans le bleu 25 m plus loin. Le courant était, je l’avoue, fort clément pour les Brothers.
Lors du brief d’avant plongée, on nous a informés que nous serions largués par le zodiac sur la pointe nord du récif . S’il y a des requins, c’est là qu’ils seront. Nous devons ensuite nous laisser dériver en longeant le versant Ouest jusqu’à plus d’air. Le jour commence à se lever, il faut se dépêcher.
C’est parti. Pas de check en surface, ni à 5m, nous descendons directement sur le récif pour ne pas dériver avec le courant. Malheureusement, le largage a été raté. Nous sommes trop au sud et la pointe est devant nous, à contre-courant. Nous obliquons vers le versant Ouest et tant pis, nous décidons d’affronter le courant. Nous progressons difficilement rocher par rocher, en nous accrochant. Alors que je me retourne pour voir si les autres suivent, je m’aperçois que les lyonnais ont laissé tomber. Au bord de l’essoufflement, nous nous arrêtons et fixons le bleu, solidement arrimés au récif, tout en prenant garde de ne pas poser la main sur un poisson pierre ou scorpion.
Vue la profondeur qui doit être de 35 m environ, nos réserves d’air diminuent rapidement. Je m’en inquiète quand tout à coup un requin gris, fuselé comme une torpille, fait son apparition. Il décrit quelques cercles à une quinzaine de mètres s’approche puis repart dans le bleu.
Quelques secondes après qu’il ait disparu, un second requin fait son apparition. Bien qu’il soit de profil, je reconnais à son aileron dorsal qu’il s’agit d’un requin marteau hallicorne. Les rayons de soleil du matin donnent à son corps une apparence métallique. Il s’approche doucement le long du récif et commence à le survoler ou plutôt à le surnager. Afin de poursuivre ma prise, je le suis malgré le courant (je sais, il ne faut jamais suivre un requin, mais bon il s’agit d’un requin marteau hallicorne, d’ordinaire plutôt timide et inoffensif). C’est dans ces moments là et seulement dans ces moments là que les séances de musculation accomplie au cours de l’année prennent leur sens. Sa tête en marteau oscille d’un côté à l’autre. Sans doute est-il encore en train de chasser, façon détecteur de mines. Il finit par s’immobiliser face au courant et je fais de même. Il repart et n’en pouvant plus j’abandonne.
Je rejoins les autres un peu plus loin au dessus du récif. Nous nous laissons dériver quelques minutes quand tout à coup nous apercevons la silhouette caractéristique d’un requin corail, aussi connu sous le nom de requin de récif à pointes blanches. Il s’agit d’un adulte d’environ 1m50 (le requin corail ne dépasse que rarement 1m80) qui accomplit sa ronde au dessus du récif. Je le suis (décidément) et le regarde s’éloigner quand, sous un large acropore, j’aperçois un second requin corail qui tourne nerveusement. Je m’approche, il se tâpit au fond coincé par un autre bloc de corail. C’est un petit requin qui fait environ 70-80 cm, il semble nerveux. Je l’éclaire avec mes projecteur pour obtenir une meilleure prise quand j’entends ma femme qui crie dans son embout, une de ses spécialités.
Je me retourne, elle me fait signe de regarder vers le haut. C’est alors que j’aperçois d’abord trois raies mantas puis, quelques secondes plus tard, trois autres. Les six raies tournent comme un carrousel autour d’un axe constitué par les rayons diffractés du soleil. La lumière a dû attirer le plancton dont elles se nourrissent. Elles restent à tourner quelques instants, suffisamment pour que j’ai bien le temps de les filmer puis s’en vont en formation, tout en déployant leur ailes majestueuses.
Au gré de nos diverses rencontres la planquée a volé en éclat et je me retrouve à faire le palier avec ma femme et un suisse qui a perdu ses amis. Nous les retrouvons ensuite sur le zodiac qui vient nous chercher. Alors que nous rentrons, j’aperçois les premiers bateaux journaliers qui arrivent de Safaga pour passer la journée sur le récif. A leur bord, il y a sûrement des gens qui repartiront le soir en disant qu’il n’y a pas de gros sur Abu Kafan. La nature appartient à ceux qui lèvent tôt et Abu Kafan à ceux qui dorment sur place.
De retour sur le bateau, l’un des deux lyonnais que nous avions perdus en début de plongée m’explique qu’il s’est séparé de nous parce qu’il a respecté le brief (il peut donc être fier de lui) et qu’il a vu un requin corail. Je lui fait à mon tour la liste de nos rencontres qu’il écoute en fronçant les sourcils d’un air concentré. Il conclut par un magistral « En fait, c’est une question de chance ! ».
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04.03.2006
Le sens dans lequel tournent les sardines

Requins sombres et dauphins communs limant la boule de sardines
N°1 : Southport, Kwazulu Natal (Afrique du Sud), le 29 Juin 2005)
Le mois de Juin, sur la côte du Kwazulu Natal, c’est le temps de la migration des sardines… quand elles viennent. En effet, il n’y a pas eu de migration en 2003 et seulement quelques poches ont été aperçues en 2004, mais une seule poche peut suffire à faire l’expérience d’une vie.
D’après Trevor Krull et Grant Smith, que nous accompagnons depuis 10 jours à raison de sept heures de Zodiac chaque jour, il s’agirait d’un cycle coïncidant avec El Nino. Tous les 5 ou 6 ans, il n’y a pas de migration et l’année qui suit est généralement une petite année. C’est le fruit de ses observations et non de la théorie. La migration devrait donc reprendre en 2005. Doucement.
Pas si sûr, car des oiseaux de mauvaises augures pensent que le réchauffement climatique et la surpêche ont peut être mis un terme au phénomène ou l’on peut être déréglé. J’en doute car le trou dans la couche d’ozone qui génère le réchauffement est au nord et nous sommes au sud, là où toutes les choses tournent dans l’autre sens, comme Coriolis l’a révélé.
Rien ne s’est vraiment passé les sept premiers jours, mais les fous montés du Cap étaient là. Ils n’étaient pas là en 2003. Je le sais, on me l’a dit.
En trois jours, les choses ont bien changé. L'eau est à 19°, alors qu'elle était à 22° les jours précédents. Une température de sardine (comme quoi ce n'est pas une question de contre-courant, que personne n'a d'ailleurs jamais observé). Elles sont maintenant partout. Avant hier, nous avons vu des requins cuivres sauter en dehors de l’eau, sans que nous arrivions vraiment à distinguer où se trouvait la poche qu’ils attaquaient et qui se déplaçait vers le Nord en ordre un peu dispersé. Nous n’avons pu vérifier de visu car l’eau était bien trop trouble, donc bien trop dangereuse pour plonger. Un jeune anglais qui nous accompagne et qui en doutait en a fait la constatation à peu de frais. Alors qu’il venait de se mettre à l’eau pour tenter de s’approcher de deux dauphins communs, ce qui était probablement un requin cuivre l’a bousculé et en quelque sorte goûté avec sa peau.
Hier, nous avons enfin trouvé la boule d’appât pour laquelle nous sommes venus, mais nous n’avons pas pu entrer dans l’eau. La visibilité était de 2m et, du coup, les requins mangeaient dans le noir.
Une boule d’appât est une poche de sardines que les dauphins isolent du banc principal et font remonter à la surface en l’effrayant par des rideaux de bulles. Afin de se protéger, chaque sardine se met à tourner en rond et l’ensemble forme une espèce de toupie géante.
Une boule d’appât, c’est un modèle d’individualisme, aussi lâche qu’une société qui part en couille et qui va le payer jusqu’à son dernier membre. Chaque sardine se protège par l’autre, croient-elles, alors qu’elles ne pensent qu’à elles-mêmes. C’est l’effet meute. Sauf qu’une meute de gazelles est plus intelligente. Au moment de l’attaque d’un prédateur, chacune part dans une direction différente : l’intérêt de chacun sert celui de tous. Parfois, souvent d’ailleurs, tout le monde s’en sort. Les sardines, elles, ces connes, préfèrent tourner en rond plutôt que de partir chacune dans une direction. L’intérêt de chacune dessert celui de toutes. Une à une, elles se feront avaler et la toupie géante disparaîtra, comme un évier qui se vide, dans le sens de rotation que Coriolis a révélé.
Ce matin, comme chaque matin, nous avons quitté la base à 7h. Très vite, un message radio nous a indiqué qu’une boule d’appât était en train d’être attaquée par des requins renard. Personne n’a jamais photographié ou filmé un requin renard en train de se rassasier. Chasse t-il vraiment avec sa longue queue ? Cherche t-il à tuer de la sorte ou juste à donner des claques aux poissons? Quand nous arrivons, non seulement la bataille est finie, mais en plus la cavalerie est partie. La vérité, nous ne la connaîtrons peut-être jamais.
Heureusement, la radio nous signale une autre poche d’activité, non loin de là, à deux kms plus loin. Sauf qu’à l’oeil nu, à juste 600 m, des oiseaux, de bonne augure cette fois, dénoncent par leur carrousel aérien un centre d’activité que personne n’avait encore remarqué. Ils plongent les ailes fermées de 15 m de haut, comme les fous qu’ils sont. C’est Pearl harbor dans l’océan indien. En fait non, car ces Kamikazes ressortent de l’eau. Nous nous approchons. Les dauphins communs patrouillent la zone. Cette fois il y a au moins 7m de visibilité. Nous allons enfin pouvoir nous mettre à l’eau.
De la surface il semblerait qu’il s’agisse d’une petite poche. Le zodiac nous dépose à une quinzaine de mètres de l’emplacement que les plongeons des oiseaux, ainsi qu’un léger bouillonnement sporadique en surface, nous désigne. Quelques ailerons de requins, dorsaux et caudaux déchirent de temps à autre la surface. Il s’agit de requins sombres que les anglo-saxons appellent Duskies (Carcharhinus obscurus). Nous sommes huit plongeurs. Mes compagnons s’équipent de bâtons pour repousser les éventuels curieux qui se feraient trop pressants. Vu la taille des requins, qui atteint trois mètres pour les plus gros, ces bâtons sont plus là pour rassurer qu’autre chose. Mais bon, Cousteau ne prétendait-il pas que le « débordoir », sorte de bâton à bout clouté, était la seule protection vraiment utile face à un requin. Quoiqu’il en soit, je ne me pose même pas la question, puisque mes deux mains sont occupées à tenir mon caisson vidéo.
Afin de rester mobile et de pouvoir remonter à tout moment, nous avons laissé les bouteilles sur le zodiac et nous sommes munis d’un simple tuba. Nous nageons en groupe vers la boule d’appât. Peu à peu des silhouettes apparaissent derrière un rideau de bulles et de particules en suspension. D’abord des dauphins communs, généralement par petites escadres de trois, puis des requins qui passent en dessous de nous et disparaissent en descendant vers le fond. Enfin nous apercevons la masse de sardines. Les dauphins travaillent à maintenir la boule compacte. Ils la frôlent pour l’obliger à se resserrer. Les requins, eux, semblent attendre leur tour en dessous tout en bloquant toute sortie vers le bas.
Il convient de ne pas trop s’approcher de la boule car celle-ci est extrêmement mobile, comme un punching ball, et l’on aurait vite fait de se retrouver au beau milieu. Trevor semble extrêmement nerveux, un peu agacé par l’inconscience d’un plongeur qui s’approche beaucoup trop près. Il faut dire qu’il y a trois ans, c’est à dire lors de la dernière apparition des sardines, un photographe pris au milieu de la boule s’est fait mordre par erreur par un requin cuivre. Cette fois, même si quelques requins cuivres sont présents, il s’agit surtout de requins sombres, bien plus gros, dont la morsure pourrait être beaucoup plus sérieuse.
Je me sens dopé par l’excitation. Je n’avais jamais vu autant de requins d’un coup, y compris lors d’un shark feeding au Bahamas. Ils sont partout, entourés d’oiseaux qui se servent de leurs ailes comme de nageoires et poursuivent les sardines jusqu’à trois ou quatre mètres. Par curiosité, je décide de faire une petite apnée. Je descends vers les sept/huit mètres, c’est encore pire. C’est la place de l’étoile à six heures du soir, sauf que toutes les voitures ont des ailerons. Je n’ose descendre plus bas. Le courage et l’air me manquent. Il faut dire que le plongeur auquel j’avais fait signe avant de faire mon canard ne m’a pas suivi. Je me sens un peu seul.
A la surface, c’est un peu l’anarchie parmi les plongeurs. Trevor est de plus en plus nerveux. Il nous demande de faire nage arrière. Il repousse quelques requins un peu trop curieux qui dès qu’ils sont piqués s’éloignent nerveusement d’un coup de queue. Une exception cependant. Un requin sombre, beaucoup plus long et gros que les autres, reste sans réaction après avoir été piqué. Il se contente de regarder mon compagnon avec ce qu’on pourrait prendre soit pour de l’incompréhension, soit pour du mépris. Il semble se dire « Qu’est-ce que cette chose me veut? ». Un des rares requin cuivre présent disperse sur son passage quelques fous du cap qui s’éloignent à tire d’aile, comme des pigeons s’envoleraient devant un piéton.
La boule d’appât revient vers moi. Très près. Trop près. Je m’éloigne et m’apprête à tenter une nouvelle apnée quand je m’aperçois que ma caméra ne réagit plus aux commandes. De l’eau vient d’entrer dans mon caisson. Je décide de le maintenir en dehors de l’eau tout en retournant vers le zodiac. Ca tombe bien, les requins sont de plus en plus inquisiteurs. De toute façon, je ne veux pas être dans l’eau quand ils en auront fini avec les sardines qui sont de moins en moins nombreuses.
Je retourne au zodiac rejoindre Grant qui est resté de garde. Génial lui dis-je en lui passant mon caisson inondé. A bord, j’assiste à la fin du repas en filmant avec ma seconde caméra. Elles y passeront toutes, gobées, comme des cacahuètes, jusqu’à la dernière.
Après coup, deux questions demeurent : Pourquoi suis-je aussi heureux alors que j’ai ruiné une bonne partie de mon matériel ? Est-ce que les sardines de l’hémisphère nord tournent dans l’autre sens, comme Coriolis l'a révélé ?
17:30 Publié dans Meilleures plongées avec des requins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : requins sombres, sardine run, requins cuivres, dauphins communs

